Le Shem HaMephorash — les 72 anges gardiens et la Kabbale
D’où viennent les 72 anges que ce site associe aux heures ? D’un procédé de la Kabbale médiévale, le Shem HaMephorash — voici son histoire, sans embellissement.
72LES 72 ANGES
- Type
- tradition kabbalistique médiévale
- Source
- Exode 14:19-21, trois versets de 72 lettres
- Nombre
- 72 noms angéliques dérivés de ces lettres
- Mot-clé
- « Le Nom aux 72 lettres »
- Pages liées
- les anges gardiens · les heures
En bref. Les 72 anges gardiens que la tradition associe aux heures et aux degrés du zodiaque proviennent d’un procédé de la Kabbale juive médiévale appelé le Shem HaMephorash — « le Nom explicite » ou « le Nom aux 72 lettres ». Il s’obtient à partir de trois versets du livre de l’Exode. Cette page en retrace l’origine réelle : une construction textuelle savante, née dans un contexte religieux précis, et bien plus tardive et complexe qu’on ne le dit souvent.
Qu’est-ce que le Shem HaMephorash ?
L’expression hébraïque Shem HaMephorash (שם המפורש) signifie littéralement « le Nom distinct » ou « le Nom explicite ». Dans la Kabbale, elle désigne un nom divin de 72 « triades » de lettres, dérivé d’un procédé précis appliqué à l’Écriture. Ce ne sont pas 72 anges qui existeraient « quelque part » : ce sont 72 combinaisons de lettres obtenues par un calcul sur le texte biblique, auxquelles la tradition a ensuite ajouté des suffixes divins pour former des noms d’anges.
Autrement dit, le point de départ n’est pas une révélation sur des créatures célestes, mais un travail sur le texte — un art typiquement kabbalistique, où la forme même des lettres et leur agencement sont tenus pour porteurs de sens. Comprendre cela change la façon de lire les listes d’anges gardiens : elles reposent sur une opération scripturaire, pas sur un catalogue reçu tel quel.
Comment obtient-on 72 noms ?
Le procédé, décrit par les kabbalistes médiévaux, part de trois versets consécutifs du livre de l’Exode (chapitre 14, versets 19 à 21), qui racontent le passage de la mer Rouge. Détail remarquable : dans le texte hébreu, chacun de ces trois versets compte exactement 72 lettres. On les dispose l’une sous l’autre — le deuxième verset écrit à l’envers — puis on lit en colonnes : chaque colonne donne une triade de trois lettres. Trois versets de 72 lettres produisent ainsi 72 triades.
Trois versets de 72 lettres, lus en colonnes, donnent 72 groupes de trois lettres. En ajoutant à chacun un suffixe divin — -el (אל) ou -iah (יה) —, on obtient les 72 noms angéliques : Vehuiah, Jeliel, Sitael, Elemiah… Les terminaisons que l’on retrouve partout dans les listes d’anges gardiens viennent directement de là.
C’est à des auteurs plus tardifs, notamment autour de l’occultiste Johann Reuchlin (fin XVe siècle) puis de la tradition ésotérique européenne, que l’on doit la mise en correspondance systématique de ces 72 noms avec les 360 degrés du zodiaque (72 × 5°) et, bien plus tard encore, avec des plages horaires. La grille « un ange par tranche de temps » que l’on croise aujourd’hui est donc un enrichissement progressif, étalé sur des siècles, et non un système livré d’un bloc dans la Kabbale ancienne.
Chacun des 72 anges veille sur une portion du temps et de l’espace, et sur les personnes nées ou agissant sous son influence ; l’invoquer donnerait accès à sa vertu propre — protection, courage, clarté.
Les 72 noms sont un produit textuel : une lecture en colonnes de trois versets de l’Exode. Leur association aux heures et aux degrés est une couche ésotérique ajoutée bien plus tard, riche mais entièrement conventionnelle.
Une tradition juive, une réception chrétienne et ésotérique
Il faut être clair sur un point que beaucoup de sites brouillent : le Shem HaMephorash appartient d’abord à la mystique juive, où il désigne un nom divin entouré d’un profond respect, souvent tenu pour trop sacré pour être prononcé. Le système des 72 anges avec leurs vertus, leurs psaumes et leurs correspondances astrologiques relève, lui, surtout d’une réception postérieure — chrétienne de la Renaissance, puis occultiste des XIXe et XXe siècles. Il ne se confond pas davantage avec les neuf chœurs angéliques de la théologie chrétienne, qui classent les anges selon un tout autre principe. Des ouvrages comme ceux attribués à la tradition de Kabbaleb ont, à l’époque contemporaine, popularisé en français cette grille des anges gardiens.
Rien de tout cela n’est « faux » au sens où une tradition ne se juge pas comme une équation : ce sont des constructions symboliques respectables, qui ont nourri l’art, la prière et la méditation. Mais l’honnêteté demande de ne pas les présenter comme une science cachée ni comme une révélation homogène et ancienne. La liste des 72 anges est un bel édifice culturel, bâti par strates, dont ce site se sert comme d’un vocabulaire poétique pour parler des heures — sans lui prêter de pouvoir prédictif.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Shem HaMephorash ?
C’est, dans la Kabbale juive, « le Nom explicite » ou « Nom aux 72 lettres » : un nom divin de 72 triades de lettres obtenu à partir de trois versets de l’Exode. Les 72 anges gardiens en dérivent, par ajout de suffixes divins aux triades.
D’où viennent les 72 anges gardiens ?
De trois versets consécutifs de l’Exode (14:19-21), qui comptent chacun 72 lettres. Disposés en colonnes, ils donnent 72 triades de trois lettres ; en leur ajoutant un suffixe comme -el ou -iah, on obtient les 72 noms (Vehuiah, Jeliel…).
Cette tradition est-elle très ancienne ?
Le procédé kabbalistique est médiéval. Mais l’association des 72 anges aux degrés du zodiaque et aux heures est un enrichissement plus tardif, de la Renaissance puis de l’occultisme moderne. C’est un édifice construit par strates, pas un système livré d’un bloc.
Les anges gardiens des heures ont-ils un pouvoir sur ma vie ?
C’est une croyance, non un fait établi. Sur ce site, les 72 anges servent de vocabulaire symbolique et poétique pour parler des heures. Ils n’ont pas de portée prédictive et ne remplacent aucun avis médical, psychologique ou financier.
Est-ce une tradition juive ou chrétienne ?
Les deux, par strates. Le Shem HaMephorash appartient d’abord à la mystique juive. Le système des 72 anges avec vertus et correspondances relève surtout d’une réception chrétienne de la Renaissance puis de l’ésotérisme moderne.
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Contenu à visée culturelle et symbolique. Les anges gardiens et la Kabbale relèvent ici de la tradition et des croyances : cette page n’a pas de portée prédictive, et ne constitue ni un avis médical, ni psychologique, ni financier.
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